Samedi 14 avril 2007
Plus de 320 policiers étaient présents vendredi à Meaux pour la visite de l'ancien ministre.
Par Alain AUFFRAY, Fabrice TASSEL
QUOTIDIEN : samedi 14 avril 2007
Ça y est, c'est fait : Sarkozy est retourné en banlieue. Vendredi, à Meaux, son déplacement dans le quartier populaire de Beauval avait été précédé de préparatifs dignes d'une opération de service secret. Au QG du candidat UMP, une poignée de collaborateurs étaient dans la confidence. La presse écrite, les radios et les télévisions n'avaient pas été invitées. Mais certains avaient été alertés par leurs correspondants locaux.
Débat. A 17 heures, une centaine de personnes avaient pris place dans un gymnase pour participer à un débat avec les deux organisateurs de cette visite : le maire de Meaux, Jean-François Copé, et la porte-parole du candidat, Rachida Dati. Vers 18 heures, le président du collectif Energie citoyenne, Mohammed Chaïd, racontait encore aux rares journalistes présents qu'il n'avait «jamais été question que Nicolas Sarkozy vienne». Le candidat n'est arrivé qu'à 18 h 30. Pendant une petite heure, il a débattu avec les invités de la mairie, en présence de Karim Zéribi, le leader du mouvement Agir pour la citoyenneté. Le 24 mars dernier, le même Zéribi recevait Ségolène Royal à Villeurbanne au Parlement des quartiers populaires.
Ce déplacement, suivi d'une réunion publique, était placé sous haute sécurité. Pas moins de 326 CRS, gendarmes et policiers avaient été mobilisés. Ce chiffre émane de la note de service adressée hier aux différents services concernés par la Direction générale de la police nationale et dont Libération a pris connaissance. Le nouveau ministre de l'Intérieur, François Baroin, l'avait annoncé : depuis l'attentat d'Alger, les meetings électoraux seront beaucoup plus surveillés.
Sang-froid  Mais, comme l'affirme noir sur blanc la note de service, ce déploiement policier était aussi justifié par la zone visitée : «Monsieur Jean-François Copé et madame Rachida Dati seront présents à l'espace Chambord afin de rencontrer des jeunes gens issus des deux quartiers sensibles de Meaux. Une surveillance particulière y sera mis [sic] en place.» Et, signe d'une appréhension certaine, la note précise encore que, «en cas d'intervention, chacun devra conserver son sang-froid et agir dans le strict cadre de la loi, ce qui n'exclut pas la fermeté lorsqu'elle s'impose». 
Ce  déploiement n'aura pas été inutile. Mais en fait de jeunes «provocateurs», se sont les salariés d'une imprimerie occupée pour cause de liquidation judiciaire qui ont été empêchés, manu militari, d'approcher la salle où se tenait le meeting. 
J'aimerai savoir ce qui justifie un tel déploiement des forces de l'ordre et qui devra assumer les frais? Le Ministère de l'Intérieur, c'est-à-dire nous, les contribuables, ou l'UMP? J'espère que ça sera pris sur les comptes de campagne mais j'en doute, je l'avoue!
En tout cas, un homme qui divise ainsi et déclenche tant de peur, de haine, ne peut pas, en aucun cas, accéder à la magistrature suprême! Si par malheur ce devait arriver, le pire serait à craindre!
par UMP avec Bayrou publié dans : umpavecbayrou
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